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  • Marie-Laure Laustriat

Des lettres et des chiffres ou "Le voyage de Vincent Quatremer"



Notre héros, lassé des cinq à sept avec une amie qui se fichait de lui comme de l’an quarante,

Écoeuré par son chef de service qui le renvoyait sans cesse dans ses vingt-deux,

Déçu par le XV de France qui ne brillait pas par ses performances,

Fatigué de se rendre cinq jours sur sept à son travail avec son 4x4 flambant neuf,

Réalisa que non, cela ne pouvait pas durer pendant cent sept ans.


Il comprit un jour qu’il lui fallait repartir à zéro !


C’est pourquoi il décida, en deux temps trois mouvements, de partir à l’aventure.

Comme son compte en banque se portait bien, cela ne lui coûta pas des mille et des cents.


Quel était donc son projet ?

Je vous le donne en mille !

Aller affronter en voilier les quarantièmes rugissants, aux antipodes de son monde,

Arpenter les cinq continents, et pourquoi pas, faire les quatre cents coups.

Tant qu’à finir six pieds sous terre, autant profiter de la vie en attendant !


Fini la routine ! Sa décision était ferme, car un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Pour lui ce serait dorénavant la semaine des quatre jeudis.

Il se mit donc sur son trente et un,

Et après avoir terminé son dernier déjeuner à terre avec un délicieux mille-feuille,

Tiré à quatre épingles,

Le voilà en moins de deux seul à bord de son fameux trois-mâts,

Son ami Hugues ayant préféré rester au frais, à Santiano.


À peine monté à bord de son voilier, les vagues l’assaillirent,

Vingt dieux, s’exclama-t-il, ça bouge trop, on se croirait dans le grand huit d’une fête foraine.

Le miroir du cabinet de toilette se brisa, mince, sept ans de malheur !

La tempête continua, vingt-quatre heures sur vingt-quatre,

Il fallait être partout, la tâche ressemblait aux douze travaux d’Hercule.

Malmené par les vents furieux, il se cogna contre la coque, et vit trente-six chandelles.

C’est à cet instant qu’il regretta de n’avoir pas un second à bord pour l’assister.


Puis la météo devint plus clémente.

Et hop, c’était reparti comme en quatorze !

Vincent se sentait maintenant en symbiose avec les éléments,

Comme s’il jouait un quatre-mains avec la mer.

Message de la nature reçu cinq sur cinq ; il était au septième ciel.


La voilà, la preuve par neuf !

Inutile de chercher midi à quatorze heures : il faut toujours persévérer, se mettre en quatre pour réaliser ses rêves.

Ne jamais couper la poire en deux, et tant pis si vous passez pour un mouton à cinq pattes !



Marie-Laure Laustriat, 14 Novembre 2020

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